30/08/2006La fidélité : utopie, archaïsme ou réalité à discuter ? (2/2)Des « méfaits » de la « fidélité…
Je connais des personnes dont le lien devient de plus en plus solide avec le temps. En fait, cette solidification du lien semble reposer sur les expériences (agréables et pénibles) vécues ensemble dans la solidarité. Les promesses de fidélité y ont – elles contribué ou au contraire sont-elles un obstacle en tentant d’imposer artificiellement des sentiments, indépendamment de ce que les personnes éprouvent réellement ? Il me faudra obtenir une piste de réponse auprès des intéressés.
Certains estiment que l’illusion de la fidélité durable constitue un piège dangereux pour le couple. Le devoir d'une éternelle fidélité ne sert qu'à faire des adultères [Jean-Jacques Rousseau]. Je le comprends : si le désir pour une autre personne n’est pas exprimé et assumé, il prend d’autant plus de force et d’importance. Au contraire, un désir ou un besoin assouvi perd de son importance alors qu’il devient de plus en plus intense avec la privation (volontaire ou non). Et souvent l’attrait de l’interdit vient encore ajouter à cette intensité.
Comment ma relation vécue au quotidien connu, parfois lassant pourrait-elle rivaliser avec la magie de celle qui serait la réalisation d’un désir inassouvi idéalisé ? Comment une situation de privation de satisfactions nouvelles pourrait-elle faire le poids devant l’aventure ? Mon dé « fidélité » semble donc pipé d’avance : il retombe toujours sur « in- »!
Mais alors de quoi dépend de la qualité croissante du contact avec mon partenaire ? Probablement de la force du lien amoureux : vivant, dynamique, nourrissant et satisfaisant. Mais tout en respectant l’individualité de chaque partenaire. C’est la nuance essentielle que je ne devrais pas oublier. Tenter de bâtir cette force sur l’interdiction de tenir compte de nos élans naturels individuels ne serait-il pas naïf et borné par l’échec ?
« L'amour qui vit dans les orages et croît au sein des perfidies, ne résiste pas toujours au calme de la fidélité. » [Rivarol]
…aux vertus de la communication sur « l’infidélité »
Selon les garçons, la frontière entre l’infidélité et le divertissement anodin se situe à des endroits bien différents. Pour certains, l’infidélité exige une relation sexuelle complète avec pénétration. Pour d’autres, les caresses, les danses lascives, le fait de désirer quelqu’un d’autre ou d’apprécier la beauté d’une autre personne sont tromperies.
Je peux m’attendre à ce que mon conjoint ne s’accorde pas par hasard sur ma définition. Le sentiment d’être trahi ou trompé et toutes les conséquences désastreuses qui en découlent venait du fait que les limites sur lesquelles je croyais pouvoir compter n’ont pas été respectées. Finalement, le caractère implicite de la promesse de fidélité a pu favoriser le dérapage. Si la limite est floue, elle a été plus facilement transgressée par mon ex- que ses désirs (ajouté au manque ponctuel de vitalité de notre couple) invitent à l’infidélité. Alors, suffirait-il d’en discuter et définir une frontière vraiment acceptable pour les deux partenaires ?
Les périodes de bonheur que je tire des débuts de relations amoureuses n’empêchent pas la douleur de la rupture. Ces aventures peuvent laisser des marques profondes dans mon identité, ma sécurité et ma confiance en moi. Il me faut donc réagir. Et accepter de tenter de repenser mon concept de couple avec un esprit plus ouvert.
Et je pense qu’avec mon futur amoureux, je vais tenter de mûrir notre réflexion sur ces hypothèses…Cette discussion risque d’être délicate mais elle vaudra mieux en amont d’une éventuelle transgression d’une norme implicite trop vague. Elle permettra peut être d’appuyer le couple sur des bases solides parce qu’elle nous forcera à aborder des sujets cruciaux comme l’attachement, la confiance et la jalousie.
Comment supporter des infidélités sexuelles ?
Le fait que les lois civiles, les normes morales et les religions réprouvent et nourrissent mes idées depuis mon enfance contribue à mes doutes. Donc le choix d’une solution hors norme m’est plus difficile même si, potentiellement plus saine, elle repose sur le respect mutuel de l’épanouissement personnel.
« Deux personnes pour faire un couple heureux, ce n'est pas assez. » [Léo Campion]
Pourrais-je accepter que des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre viennent ajouter de la variété à sa vie ? Même si je comprends que cela peut contribuer à préserver son amour de notre couple. J’aimerai que notre amour reste toujours passionné mais je sais (confusément !) que cette promesse est vaine et ne pourra être tenue éternellement. Ne dois-je pas oser regarder en face les implications de cette impossibilité ?
« La fidélité, c'est une idée creuse, une vanité aveugle, comme si on tenait quelque chose, comme si on se croyait immortel. » [Camille Laurens]
Si je renonce au « rêve de l'amour fidèle éternel », j’espère alors créer une relation plus vraie où l'autre existe vraiment, à une échelle humaine, fidèle à ses valeurs et respectueux de ses vrais besoins. C'est ainsi que je pourrais devenir une personne unique et entière en contact réel avec mon amour, cette autre personne autonome. Cela veut aussi dire que j’accepte la solitude existentielle et la responsabilité fondamentale qui en fait partie. Chacun de mes échecs « d'amour » est une occasion pour moi d'ouvrir les yeux. À moi, à nous de relever le défi d'une vie amoureuse consciente où les deux personnes peuvent vivre à leur mesure. Assez facile à dire…
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Finalement, je constate en lisant et en écrivant que je suis toujours prêt à renoncer à mes croyances passées malgré l’inconfort de la prise de conscience des nombreuses incertitudes…Mais cela me rassure profondément sur ma capacité à rester ouvert aux idées des autres et à évoluer positivement, à sortir de mes impasses psychologiques et de continuer à trouver des voies plus pertinentes et heureuses à mes aspirations.
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Cette lettre ouverte en gestation est dédicacée à mon amour futur.
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| Citations : "Les amis sont des compagnons de voyage, qui nous aident à avancer sur le chemin d'une vie plus heureuse."
[Pythagore]
"L'amour n'est pas ce qui mène le monde, c'est ce qui fait que le voyage en vaut la peine."
[Anonyme]
"L'une des choses que j'apprécie le plus quand je voyage à l'étranger, c'est de penser que je vais retourner en France." [Pierre Daninos]
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux." [Marcel Proust]
"Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu !" [Sacha Guitry] Le petit carnet rouge
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30/08/06 - 13:51
...Déjà, te poser les questions montre une capacité à l'écoute et à la réflexion !
Un point essentiel pour moi, que tu as soulevé en évoquant l'individu : le caractère fusionnel exclusif d'un couple est à mon sens castrateur, étouffant et un jour ou l'autre axphyxiant. Pour se nourir, on doit savoir laisser entrer de l'air extérieur. Le fait que certaines activités ne sont pas toujours pratiquées ensemble est un plus bénéfique au couple. Encore faut-il que la confiance totale soit présente ; où l'on y revient !
rv37