Brise glace 2
De gags en scènes d'action, ce film d'humour avant tout, m'a régalé de scènes hilarantes, alternant les ressorts comiques : comique verbal des dialogues, humour cynique (des vautours et des paresseux), comique de situation et de répétition digne du Coyote de Chuck Jones. L'écureuil, victime de la nature et de sa malchance, essaye désespérément de sauver "son gland" ;-). Il s'octroie la première scène, mais aussi l'épilogue. Dans tous les cas, le rire est garanti : un running gag imparable qui constitue à lui seul tout l’attrait du film. « L’Age de glace 2 » réchauffa mon cœur grâce à un humour poilant et des personnages attachants courants après leur survie, menacée par le réchauffement de la planète qui entraîne de surcroît la fonte des glaces. J'ai fondu comme… glace au soleil !
Avec un scénario pas exceptionnel mais de bons gags, le film se déguste comme une bonne tranche de rire : à pleine dents.
Si le scénario ne dément pas mon sentiment de déjà vu (Disneys et clones), il satisfera peut être sa cible première - les enfants - tout en rassurant les parents par son pieux discours sur la famille et l’amitié (brise-glace, dois-je oser !). Inondé de multiples valeurs classiques : l'apprentissage du dépassement de soi pour sauver autrui (Diégo), le besoin de reconnaissance sociale et la détresse face à l'apparent quasi-mépris général (Sid), la quête solitaire d'un alter-ego introuvable (mammouth), la métaphore de l'acte de grandir, de s'accepter tel que l'on est / tel que l'on nait, grâce notamment à l'amour de son entourage (femelle mammouth), la nécessité d'accepter les différences d'autrui. Ode également aux familles recomposées : orphelins de leurs tribus, le clan est constitué d'individus différents, tant par leur espèce animale que par leur caractère. Il constitue donc un plaidoyer sur l'amitié, et sur la force et la puissance que ce sentiment apporte : c'est par amitié pour Sid que Diego l'aquaphobe se jettera (littéralement!) à l'eau, c'est pour Diego que Sid refusera de devenir le Raël de jeunes paresseux illuminés, c'est enfin par amour qu'Elie renoncera à la vie de tribu pour partager celle de notre clan recomposé.
Et je me prends à rêver que le troisième épisode s'aventure à normaliser aussi gaiement ma soit disante "différence" à travers l'homosexualité animale...
Enfin, la touche écologique est bien présente, tout simplement à travers le postulat de départ du film : les glaciers fondent, et la terre va être inondée. Si le film n'insiste pas lourdement sur l'aspect contemporain de cette problématique, les enfants ne manqueront pas de questionner leurs parents ou leurs professeurs sur ce cataclysme qui ne peut qu'évoquer une situation réelle vu l'omniprésence de ce thème dans les médias...
L'équipe de Blue Sky Studios a bien progressé quant aux rendus des textures et animations...Réalisme en particulier dans les scènes aquatiques. Les personnages sont aussi soignés : souplesse et consistance des chairs, peaux et poils encore plus détaillés…Et les mouvements donnent le sens comique au personnage de l'écureuil.