J'écoute : battre mon coeur, au cas où...
Je regarde : où il se cache
Je lis : entre les lignes de sa main
Je joue : avec mes sentiments
Je bois : ses paroles
Je cite : mes plus belles pensées, ça m'évite de...réfléchir
Je pense : de manière positive aux maux dont je suis exempt et ma vie devient plus riche.
Je rêve : d'une vie rêvée avec lui et de grandir dans ses rêves.
(mis à jour jeudi 13 juillet 2006 à 05:25)

29/11/2005

29/11/05 - 15:08

Minuit trente, blessures invisibles.

Minuit trente. Montparnasse. Après une soirée exceptionnelle comme la plupart des rencontres coup de coeur, préludes à une belle histoire. Un froid glacial dehors. Quelques dizaines de minutes me séparent de mon lit. A cette heure, je prends seul l’omnibus de banlieue pouvant me ramener jusqu’à chez moi.



Dans le wagon une dizaine de noctambules fatigués attendent comme moi silencieusement leur arrivée. Gare de Trappes. Une bande de jeunes bruyants pénètrent et semblent chercher quelque chose. L’un d’eux décide de s’installer au plus près de moi. Ses quatre complices le suivent et s’assoient autour de moi. Pourtant rien ne nous uni. Nos vêtements sont différents, moi,classique, en costard et eux, l’uniforme des cités : baggy-jean-basket. Nos comportements aussi. Ils parlent fort. Je suis muet.


On me demande une cigarette. Je réponds négativement, poliment et désolé. Avec un air enragé, on m’insulte indirectement : « putain ! Y en marre de ces sales juifs qui partagent pas. » Au fond de ma poitrine mon cœur bat de plus en plus fort. Je commence à prendre conscience de ce qu’ils veulent. On me demande mon portable « pour appeler nos potes, on va tout niquer ici ». J’hésite sentant que « prêter » mon téléphone signifiait le perdre. Pas le temps de réfléchir : une gifle semblant venir de derrière claque ma joue. Une douleur chaude inonde mon visage. « Donnes, putain !! On sait que t’en as un. » Mes yeux en détresse sondent le reste du wagon tel un appel à l’aide à la place de ma bouche tétanisée, tout comme le reste de mon corps. Les regards des voyageurs fuient le mien et me renvoient à ma solitude et à ma lâcheté. Après tout, pourquoi prendraient ils le risque de me venir en aide alors que je ne me défendais pas moi-même ? 50 kg de muscles supplémentaires n’auraient pas suffit à décourager cette bande de salauds. Mon intuition me garda bien de me rebeller : je n’aurai pu que les exciter davantage. Ma résistance leur aurait fait bien plaisir. La suite est simple : un bras étouffe ma gorge, plusieurs coup de poing cognent ma tête, un genou frappe mon ventre,…Succession de brutalité gratuites, si rapide et à la fois si long…

Puis trou noir. Je ne me souviens plus de la suite de ce cauchemar.
Sauf cet intense soulagement : mon réveil marque la fin de cette fiction condensée des récentes émeutes qui ont terrifié les faubourgs des grandes villes et hanté ma conscience.



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PS:
A Stéphane, victime de sauvageries urbaines il y a quelques années et dont les tourments psychiques semblent perdurer.
A tous les autres martyrs des brutalités arbitraires, homophobes ou pas.
A toutes les futures proies potentielles.
Aux phobies tourmentées de notre inconscient qui inondent nos cauchemars.

Citations :
"Les amis sont des compagnons de voyage, qui nous aident à avancer sur le chemin d'une vie plus heureuse." [Pythagore]
"L'amour n'est pas ce qui mène le monde, c'est ce qui fait que le voyage en vaut la peine." [Anonyme]
"L'une des choses que j'apprécie le plus quand je voyage à l'étranger, c'est de penser que je vais retourner en France." [Pierre Daninos]
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux." [Marcel Proust]
"Les voyages, ça sert surtout à embêter les autres une fois qu'on est revenu !" [Sacha Guitry] Le petit carnet rouge

Citations du moment :
"Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles ?" [Etienne Daho]

Les lois de l'humour sont très sévères : on ne peut pas se moquer des victimes, des noirs, des homos, des musulmans, des juifs, des handicapés... moi je dis : de qui se moque t-on ?" [Philippe Geluck] Et vous, chat va ?